|
|
Chomsky au Liban Vu de l'Amérique, c'est un trublion pur sucre ; dans le reste du monde, c'est celui qui met au défi l'omnipotence d'un système américain délétère aux dérives multiples. Linguiste de formation, auteur de nombreux articles qui dénoncent le pacte Tel-Aviv-Washington, l'Américain Noam Chomsky gêne en haut lieu, ce qui ne peut que redoubler son mérite aux yeux de l'opinion des pays islamiques, victimes, dans leur majorité, des politiques prosioniste de la Maison Blanche. Le jeudi 11 mai, lors d'une rencontre avec le Secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, sa verve et sa franchise ont été bien au rendez-vous : " Le Liban, a affirmé Chomsky, ne peut se passer d'une force nationale dissuasive de l'envergure et de l'importance du Hezbollah, même si la crise au Moyen Orient cède un jour la place à la paix". Sorti de la bouche d'un ennemi du maximalisme d'Israel, cette affirmation a la valeur d'un contre-feu. Depuis près de deux ans en effet, l'international sioniste, fort de ses vastes relais en Europe et aux Etats-unis, réclame le désarmement du Hezbollah, unique puissance régionale, à avoir repris, à cette heure, une partie des terres arabes conquises par Israel. Au sud du liban, le spectacle de la fuite nocturne des milliers de soldats sioniste à bord de leur blindés et chars made in Us n'est pas prêt de sitot à s'effacer du mémoire collectif ; ni au sud du Liban, ni d'ailleurs dans les territoires occupés où la victoire du Hezbollah a été perçu comme la fin annoncée de l'un des multiples mythes fondateurs d'Israel, celui de "l'invincibilité". Que le régime sionsite et les tenants américains de sa cause tentent à présent de règler leur compte avec le dit Mouvement, par le canal du Conseil de sécurité n'a donc rien d'étonnant. Ce qui étonne par contre, c'est le suivisme affiché par certaines chancelleries occidentales qui suivent aveuglément et au mépris de leur souvraineté politique, les traces de la Maison Blanche. A ces prétedus partisans de la stabilité libanaise et régionale rappelons donc la parole de Chomsky qui accusait une nouvelle fois jeudi son propre pays d'être à l'origine des tensions croissantes au Proche et au Moyen Orient. Il est vrai que la "vieille Europe" a beaucoup à apprendre à une tranche d'intellectuels américains pour s'affranchir du joug de l'Amérique. |
|
|
2006, site web de la rédaction française de l'IRIB